NOTREDAMEDUTRAVAIL
Paroisse Catholique du Diocèse de Paris

Entre 2009 et 2012, le Père Marc Bandaogo, de la Congrégation des Fils de Marie Immaculée (FMI), a séjourné dans notre paroisse, à l’occasion des études qu'il poursuivait, à Lyon d’abord, les six premiers mois, puis à Paris. Sa présence très active pendant ces années à créé des liens si étroits que la décision a été prise, avec le Conseil Paroissial, d’initier un jumelage entre notre paroisse et la paroisse de Saint-Augustin de Bissighin, à Ouagadougou, confiée à la Congrégation des Fils de Marie Immaculée. Un premier voyage du Père François Potez, en juillet 2012, a permis de prendre les premiers contacts sur place. De nouveau, Monsieur le curé s’est rendu au Burkina Faso en mars 2013. Puis en janvier 2014, avec une petite délégation paroissiale cette fois (voir les témoignages ci-dessous). Enfin, le Père François a pu y retourner en décembre 2015, dans l’octave de Noël.

Avant tout, ce jumelage voudrait être source de communion spirituelle entre nos deux communautés paroissiales, ainsi qu'avec la Maison de Formation (Scholasticat) des FMI dont le Père Marc a reçu la charge à son retour de France. Il y a de telles richesses spirituelles à échanger entre l’Église jeune et fervente, si enthousiaste, du Burkina, et notre Église un peu plus fatiguée… mais riche aussi d’une certaine expérience et d’une certaine maturité. Au vrai, on ne saurait pas bien dire de quel côté se trouve la véritable pauvreté !… Il y a aussi les innombrables richesses culturelles et humaines. On rêve d’échanges de jeunes à l’occasion de séjours de vacances ou autres. Outre, bien sûr, une aide matérielle que l’on pourrait apporter dans de nombreux domaines.

Beaucoup reste à faire pour définir les contours de ce jumelage. Il faudrait surtout qu’un petit groupe paroissial se constitue et prenne l’affaire en main… La providence dira maintenant si ces liens d’amitié entre quelques personnes sont destinés à se transformer en un lien durable entre nos communautés. Beaucoup l’espèrent, des deux côtés de la Méditerranée.

Message du Père Marc, le 1er novembre 2014

pere marc

D’abord, je voudrais, en mon nom personnel et au nom de tous mes frères Fils de Marie Immaculée, vous réitérer toute notre gratitude pour votre attention particulière à notre endroit en ce moment où notre pays traverse une grave crise politique. Vous n’avez ménagé aucun effort pour manifester votre proximité avec nous à travers les nombreux courriels que j’ai reçus ces jours-ci provenant des paroissiens de Notre-Dame-du-Travail. Tous ces messages traduisent pour moi l’unité et la fraternité qui nous lient, nous, Fils de Marie Immaculée, avec la paroisse Notre-Dame-du-Travail. A mon humble avis, c’est cela le jumelage, on n’a pas besoin d’inventer d’autres contenus à cette fraternité en route entre nous, que ceux que la providence nous donne d’accueillir et de vivre dans les événements joyeux et douloureux. […]

 

Témoignages, après le voyage de janvier 2014

Lundi matin, nous laissons Paris et sa grisaille froide, pour nous retrouver au Burkina Faso sous un agréable soleil de fin d’après-midi. Le vrai dépaysement commence dans la rue : bicyclettes, motos, scooters, voitures, camions, tous se disputent la route, mais dans un calme incroyable. Pas un cri, pas un klaxon, pas une insulte. Sur les deux roues, vous pouvez trouver une famille complète (maman, bébé, grande sœur derrière et petit frère devant), avec les provisions de la semaine. Casque, phare, tout est en option ! Au cours du séjour, nous n’avons écrasé qu’un cochon… mais il s’est relevé après être passé sous la voiture. Au fil des jours, ces situations deviennent banales. Discussions passionnantes avec différentes catégories de personnes. Je suis revenue à chaque fois complètement retournée par la profondeur de ces échanges.
Avec les jeunes de l’aumônerie : beau partage, après avoir chanté « À la pêche aux moules… » Pourquoi pas un groupe commun pour les JMJ de Cracovie à l’été 2016 ?
Avec une Communauté Chrétienne de Base : messe très priante, très joyeuse. Tout le monde y exprime sa joie de vivre l’Évangile.
Avec les personnes qui travaillent à la paroisse : secrétaire du Curé, responsables du dispensaire, responsable des catéchismes…). Tous attendent des contacts, des partages.
Avec un orphelinat, avec les responsables du Centre Médical où Laurence avait travaillé avant sa tragique disparition dans le vol d’Air-Algérie : que de besoins, et pas seulement financiers ! J’ai ressenti un réel besoin de partage, ils nous attendent, ils sont près à se lancer. Et nous ?

Brigitte du Payrat

Très heureuse d’avoir pu revoir le Burkina, après plus de 15 ans : j'avais effectué un voyage de dix jours dans l'ouest et le Nord du pays. J'ai retrouvé les couleurs, les ambiances, les sourires, le manque de moyens parfois, la beauté de la liturgie, le dolo (boisson locale : bière de mil), le calme des burkinabés, le sourire des enfants et parfois la tristesse de leur regard… Tout cela m'avaient déjà profondément marquée la première fois. Je garde particulièrement en mémoire les paroles du Dr Zala (directeur du Centre Medical Persis de Ouahigouya chez qui Laurence Travers avait travaillé pour la pharmacie), qui parlait de l'importance d'être droit dans la vie, droit avec sa conscience , ce qui apporte la paix du coeur. Ces paroles reflètent bien ce « pays des hommes intègres » (ce que signifie « Burkina Faso »). Le pèlerinage diocésain annuel, au sanctuaire marial de Yagma, tout près de Ouagadougou, reste le point fort de notre séjour. Des centaines de milliers de pèlerins dans une ambiance joyeuse et incroyablement fervente. Magnifique célébration, avec, entre autres, les danses africaines d'action de grâce et les beaux chants en langue moré. J'ai mieux compris l'implication des diocèses du Burkina et du Niger, qui forment une conférence épiscopale unique, et donc la communion aux souffrances des chrétiens du Niger : le témoignage de pardon de l'évêque de Niamey était particulièrement bouleversant. Prions pour que ces rencontres et cette expérience partagée soient un nouveau départ dans la connaissance mutuelle de nos deux paroisses et de nos deux pays, pour pouvoir rendre concret le jumelage paroissial. Que Notre-Dame du Travail et Notre-Dame de Yagma, nous accompagnent sur ce chemin.

Mathilde Fraissignes

Comment décrire notre semaine au Burkina Faso, si riche, tant sur le plan humain que spirituel ? Parmi toutes les merveilles et expériences vécues, je voudrais vous parler brièvement de notre visite au Centre Médical Persis du docteur Zala, à Ouahigouya. Ce centre fonctionne bien, grâce aux dons extérieurs et au bénévolat d’équipes médicales étrangères, venues notamment de Suisse, d’Allemagne ou de France. On y pratique des opérations chirurgicales, une quarantaine de consultations ambulatoires y sont dispensées chaque jour, et une centaine d’enfants y sont hospitalisés. Il y a un secteur « éducation nutritionnelle » pour lutter contre la malnutrition, et un secteur « prévention » contre les diverses maladies : sida, noma, paludisme… J’ai été particulièrement touché à la vue de tous ces enfants atteints de malformation maxillo-faciale dûe à la malnutrition et qui doivent, après l’opération, rester hospitalisés avec leur mère. Une partie de l’hôpital est en construction à cet effet. Les problèmes de l’hôpital sont en particulier le manque d’équipes permanentes, la pauvreté en équipements médicaux (pas de scanner, par exemple), et de fréquentes coupures d’électricité. Le témoignage du docteur Zala m’a profondément marqué. Je n’oublierai pas son témoignage de dévouement, sa foi et sa simplicité, ainsi que l’accueil chaleureux qu’il nous a réservé avec sa femme qui nous a guidés dans la visite de l’hôpital. Je suis très reconnaissant envers les communautés de frères ou de sœurs qui nous ont accueillis, et particulièrement aux Père Marc, qui nous a guidé toute cette semaine dans tous les aspects de la vie spirituelle et humaine de son pays.

Adam Marciniak